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Projet
d'appui à la lutte contre le sida
en Afrique de l'Ouest/Sida 2
(1995-2001)
La
crédibilité de la seconde phase du Projet d'appui à la lutte
contre le sida en Afrique de l'Ouest, mieux connu sous le
nom de « Sida 2 » n'est plus à faire. À l'automne 2000,
ONUSIDA avait d'ailleurs reconnu ce projet au nombre des
approches dites Best International Practices, pour la qualité
de la conception et de la gestion de ce projet en matière
de santé, une expertise propre au CCISD.
D'une
durée de cinq ans, ce projet a prouvé son efficacité auprès
des spécialistes du milieu. Voici les principaux constats
formulés au terme des activités :
-
l'approche syndromique de prise en charge des IST
dans
le cadre d'un appui spécialisé et structuré à des services
soins de santé primaires, qu'ils soient publics ou privés,
est applicable. Dans certains pays, Sida 2 a aussi démontré
que l'on pouvait développer et fournir efficacement de
bons soins s'adressant précisément aux patients porteurs
d'IST, à des populations très à risques, comme les professionnelles
du sexe et leurs clients, ainsi qu'à d'autres groupes,
tels les travailleurs des complexes agro-industriels en
Côte d'Ivoire, les dockers et les militaires au Bénin,
les orpailleurs au Burkina Faso;
-
l'utilisation de médicaments génériques anti-IST est possible
en Afrique sur une grande échelle. Malgré de nombreux
problèmes d'approvisionnement et de distribution qui persistent
encore, le marché du générique s'implante rapidement dans
les services de santé africains. Il a également été possible
de constater que les bénéficiaires acceptaient volontiers
de verser une contribution (partielle) au coût des services
de santé;
-
la mobilisation et l'appui aux groupes communautaires
intervenant dans le milieu des groupes à risques constituent
des approches intéressantes et incontournables qui doivent
être poursuivies. L'aspect novateur de ces approches est
que l'accent est mis sur la complémentarité entre les
services de santé et les initiatives communautaires. Les
activités d'appui à la participation communautaire ont
permis une meilleure fréquentation des services de santé
par les patients d'IST, quoique ce résultat n'ait pu être
mesuré de façon aussi approprié que les responsables du
projet l'auraient souhaité. La démarche générale de mobilisation
a aussi donné lieu à l'organisation d'activités préventives
et éducatives pour plusieurs groupes de prostituées, que
ce soit dans un contexte structuré ou plus spontané. Les
groupes communautaires contribuent à assurer l'éducation
à la santé plus efficacement que le secteur public. Ils
incitent les communautés à prendre en charge leur santé
reproductive et à réfléchir aux vulnérabilités des hommes
et des femmes quant aux IST et au sida. Les organismes
communautaires ont également un rôle à jouer dans l'analyse
de la qualité des services de santé, particulièrement
en ce qui concerne les services pour les groupes les plus
vulnérables;
-
les femmes sont plus vulnérables aux IST et au VIH. Cette
situation augmente leur exposition aux risques et limite
leur accès à l'information, à la prévention et à la protection
ainsi qu'aux services de santé pour elles-mêmes et leurs
enfants;
-
des activités de formation isolées, sans mesures d'accompagnement
(supervision, gestion des médicaments, etc.), donnent
peu de résultats, parce que les connaissances des personnes
formées s'effacent peu à peu lorsqu'elles ne sont pas
utilisées et que leurs compétences ne peuvent être mises
à contribution par la suite;
-
la recherche opérationnelle est une activité nécessaire
et la crédibilité du projet passe par le maintien d'une
bonne visibilité, que ce soit en Afrique de l'Ouest tout
autant que sur le plan international.
C'est
à la lumière de ces principaux constats que se profilent
les orientations du Projet d'appui à la lutte contre le
sida en Afrique de l'Ouest/Sida 3.

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