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Lutte
contre le sida dans la région des Grands Lacs, en Afrique
(1999)
La
situation épidémique du sida et le contexte politique difficile
qui existe dans la région des Grands Lacs depuis 1994 ont
amené le CCISD à appuyer l'Organisation des Nations Unies
face au sida (ONUSIDA) dans la réalisation d'une analyse
de la situation et la formulation d'un projet d'intervention
en matière d'IST et de sida dans la région des Grands Lacs.
L'étude a permis de décrire la situation qui règne en cette
matière le long de deux principaux axes de migration d'Afrique
de l'Est, soit entre la côte de l'océan Indien et les pays
de la région des Grands Lacs. La méthode mise en avant prônait
un contact direct, au quotidien, avec la réalité des migrants.
Ainsi, les membres de la mission ont passé plusieurs jours
en compagnie des camionneurs, dans les véhicules de ces
derniers, vivant leur réalité dans les gares de triage,
les principaux sites de repos et de rassemblement, aux frontières
et autres endroits similaires. Plus de 300 personnes ont
été interrogées dans le cadre de cette étude, à savoir des
camionneurs, des propriétaires de camions, des pourvoyeurs
de services et des prostituées.
La
mission proposait d'appuyer la réalisation de quatre microprojets
d'intervention (un par pays) touchant en premier lieu des
organisations issues de différents secteurs (ONG, associations
communautaires, syndicat et entreprise privée). Les intervenants
ont réalisé que, sur les axes routiers, les relations sexuelles
avec plusieurs partenaires faisaient partie du quotidien.
De plus, l'intégration de l'information sur la transmission
du virus demeure encore très aléatoire compte tenu des valeurs
culturelles traditionnelles présentes en Afrique.
Une
réponse positive aux actions mises en avant pour contrer
l'épidémie du VIH est, à ce jour, encore insuffisante. Le
suivi du traitement des malades est difficile, car la réaction
de la communauté, même si cette dernière connaît l'ampleur
du problème, demeure mitigée. Une intervention préventive
le long des axes routiers ne devrait donc pas se limiter
uniquement aux camionneurs, mais devrait aussi cibler les
femmes défavorisées à plusieurs points de vue, de façon
à augmenter leur pouvoir de négociation, à tenter de développer
la solidarité et la recherche de moyens pouvant accroître
leur pouvoir économique.
En
raison des nombreux conflits qui ont amené un grand déplacement
de populations et un mixage de celles-ci, au cours des 50
dernières années, il existe probablement au sein de l'inconscient
collectif une profonde insécurité qui favorise les comportements
culturels traditionnels. La prochaine étape dans la lutte
contre l'épidémie devrait être de prendre connaissance de
la motivation profonde des individus et des raisons intrinsèques
à l'origine de leur comportement ou qui l'alimentent. Il
importe de travailler sur la communication intime et de
soutenir concrètement les efforts de changement de comportement.
Après
quelques années d'intervention dans la région des Grands
Lacs, les leçons tirées de cette expérience devraient donner
aux intervenants la crédibilité nécessaire pour jouer un
rôle de leaders et d'animateurs dans la mise en place d'initiatives
semblables mais de plus large portée dans toute la région.

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