Nouvelles

MALI : Comment DÉCLIC contribue à redéfinir la formation des professionnels de la santé

Le Mali est un pays de 17.6 millions d’habitants, dont seulement 2 millions habitent Bamako, la capitale. Or, avant l’arrivée du projet DÉCLIC, la formation clinique des professionnels de la santé maliens était concentrée dans les centres hospitaliers de cette ville où les conditions sont nettement différentes de celles du reste des structures de santé du pays qui ont à desservir la plus grande majorité de la population.

--

Imaginez avoir été formé, si vous avez eu la chance de sortir de vos salles de cours, dans des conditions que vous ne rencontrerez probablement jamais dans votre carrière. Qu’on vous ait appris à donner des soins avec du matériel que nous ne retrouverez pas dans votre futur milieu d’emploi. Que les techniques qu’on vous a dit d’appliquer ne seront pas applicables, là où vous travaillerez, car vous aurez des ressources extrêmement limitées et, possiblement, ni eau courante, ni électricité…

Imaginez arriver devant une femme enceinte, sur le point d’accoucher, et avoir le sentiment de ne pas être à la hauteur, même si vous avez consacré beaucoup de temps et d’énergie à apprendre ce qu’il faut faire pour lui permettre de voir son enfant naître et grandir en bonne santé.

Sans tomber dans la dramatisation, c’était ça, malheureusement, la réalité de plusieurs médecins, infirmiers, infirmières et sages-femmes maliens nouvellement diplômés. On leur apprenait ce que la théorie recommande, en faisant fi du contexte dans lequel cette théorie serait appliquée. Ces jeunes arrivaient donc dans leur milieu de travail avec un diplôme en poche, mais très peu de connaissances pratiques adaptées à leur réalité et aux besoins des populations avec lesquelles ils travaillaient.


Rapprocher la formation des communautés

Grâce à l’appui du gouvernement du Canada, le projet DÉCLIC contribue à redéfinir la façon dont on forme les professionnels de la santé au Mali.

La mise à jour des curricula de formation est un élément central de cette transformation. Toutefois, la mise en place d’un réseau de cinq Centres de santé communautaires universitaires (CSCom-U) constitue le catalyseur de changement principal.

Répartis dans cinq régions géographiquement et démographiquement différentes du Mali, ces CSCom-U offrent aux résident(e)s de la Faculté de médecine et d’odontostomatologie (FMOS) et aux stagiaires de l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS) la possibilité d’être formés dans les conditions les plus appropriées et représentatives pour apprendre à offrir des soins de qualité au Mali, c’est-à-dire leur futur milieu de travail.

Ancrés dans la communauté, les CSCom-U représentent des milieux de choix où les futurs professionnels de la santé peuvent mettre la main à la pâte, développer leur capacité à travailler en interdisciplinarité et devenir les maillons d’un système décentralisé et efficace de soins de santé répondant adéquatement aux besoins des populations.

La plupart des diplômé(e)s terminent ainsi leurs études avec une expérience concrète et le sentiment d’avoir les compétences qu’il leur faut pour exercer leur métier. Pour certains, le fait d’avoir pratiqué en région rurale les incite même à s’établir dans ces zones éloignées où ils contribuent à améliorer significativement l’accès des Maliennes et Maliens à des soins de santé de meilleure qualité.

--

Financé par Affaires mondiales Canada à hauteur de 18 750 000$ CA, le projet DÉCLIC est mis en œuvre par un consortium composé du CCISD, de l’Université de Sherbrooke et du Cégep de Saint-Jérôme.

POUR PLUS D'INFORMATION : WWW.PROJETDECLIC.ORG.