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HAÏTI : Le PRISMA, une approche intégrée de la santé

À travers l’approche intégrée de la santé adoptée par le Projet de Prise en charge intégrée de la Santé de la Mère et de l’Enfant en Artibonite (PRISMA), plus de 90 000 enfants de 0-5 ans bénéficient de soins de santé qui répondent à leurs besoins et leurs droits dans la région de l’Artibonite.

Au fil de ses nombreuses années d’expérience, et en s’appuyant sur des analyses conduites à l’interne, l’équipe du CCISD a pu constater que l’offre seule de services de qualité ne permet pas d’augmenter la fréquentation des institutions. Ainsi, le PRISMA est construit selon une approche qui favorise le renforcement des systèmes, tant au niveau des instances de gouvernance et des institutions de santé, qu’au niveau communautaire.

En matière de santé infantile, cette approche est mise en œuvre de deux manières, complémentaires l’une à l’autre. D’abord, par l’offre de soins obstétricaux de qualité aux mères et aux nouveau-nés afin que les enfants puissent naître dans de bonnes conditions et réduire ainsi la mortalité néonatale. Puis, par l’application de la stratégie de Prise en charge intégrée des maladies de l'enfant (PCIME), préconisée par le Ministère haïtien de la Santé publique et de la Population (MSPP).

La stratégie PCIME prend en compte plusieurs facteurs posant un risque pour la santé de l’enfant et promeut des mesures préventives et curatives à mettre en œuvre à la fois par les familles, les communautés et les institutions de santé.

Sur les plans familial et communautaire, l’application de la PCIME passe par le travail de proximité d’agents de santé communautaires polyvalents (ASCP). Ces derniers, en plus de renforcer les liens entre les communautés et les structures sanitaires, fournissent des services préventifs de base et offrent des conseils aux familles. Ils favorisent ainsi l’adoption de pratiques clés pour la croissance et le développement de l’enfant, la prévention des maladies (ex. : vaccination et pesée des enfants), la référence et l’accompagnement vers les soins en milieu institutionnel, y compris l’accompagnement des femmes enceintes, et plus encore.

Au niveau institutionnel, la PCIME garantit un diagnostic ainsi qu’un traitement efficaces et adaptés aux principales maladies de l’enfant. Cela implique notamment l’intégration d’outils, d’équipements et de pratiques de qualité, de même qu’une gestion améliorée des médicaments ainsi que des stocks d'intrants de vaccination et de nutrition.


Du progrès, grâce au PRISMA

En travaillant en étroite collaboration avec le MSPP pour une meilleure gestion du programme de santé maternelle et infantile, le PRISMA participe à l’amélioration de l’accès aux soins de santé de qualité des mères et des enfants.

Depuis son lancement, le projet a contribué à la construction et la réhabilitation d’institutions de santé, à la fourniture d’équipements et d’intrants ainsi qu’à la formation des prestataires de soins et des ASCP, le tout dans le but d’améliorer la qualité des soins obstétricaux et la mise en œuvre de la stratégie PCIME.

Déjà, la fréquentation des institutions de santé par les femmes enceintes a augmenté dans les communes appuyées par le projet, permettant ainsi de prévenir des décès néonataux grâce à des soins obstétricaux de qualité.

Le degré de mise en œuvre effective des différentes interventions de la PCIME a lui aussi progressé grâce au PRISMA : en 2014, il était de 86,5 % alors que l’année précédente, il était de 83,5 %. Une augmentation qui peut sembler marginale, mais qui a un impact très positif sur la santé des enfants.

Le déploiement d’agents de santé communautaires polyvalents (ASCP) a eu un impact significatif dans les trois communes appuyées par le PRISMA. Les postes de rassemblements organisés ont connu une participation croissante de mères et d’enfants de 0-4 ans et ont permis de rejoindre 55,4 % des femmes enceintes et 71 % des enfants de 0-5 ans dans les communes ciblées. Quant aux visites domiciliaires, 20 170 visites ont pu être réalisées.

« C’est la première fois que quelqu’un [en parlant des ASCP] vient nous parler de santé dans notre zone éloignée. Nous sommes reconnaissants envers PRISMA de nous avoir donné un agent de santé », a affirmé un membre de la communauté d’Atrel, une localité très isolée de la commune d’Anse Rouge.

Selon la directrice du projet, Martine Bernier, cette présence accrue des ASCP au niveau communautaire a largement contribué à l’amélioration des connaissances des familles, de la couverture vaccinale des enfants de même que du suivi de leur croissance et de leur état nutritionnel.

« Dans l’espace d’un an, le taux de couverture vaccinale des filles et des garçons de moins de 12 mois est passé de 45,2 % à 50,7 %. Le pourcentage de filles et de garçons du même âge pesés mensuellement a également connu une progression intéressante passant de 22 % à 47,3 % », affirme-t-elle. « Ce sont des résultats encourageants qui démontrent le potentiel d’une approche intégrée de la santé ».

Cette approche intégrée, d’ailleurs, s’étend au-delà des efforts consacrés à l’application de la stratégie PCIME au niveau des instances gouvernementales, des institutions et de la communauté.

Le PRISMA a réalisé, au cours de ses trois années d’intervention, des microprojets complémentaires qui contribuent à l’amélioration des conditions de vie des enfants. Au total, il a appuyé la réalisation de 45 projets d’eau et assainissement, permettant ainsi la construction de latrines dans les écoles et des ouvrages pour approvisionner les communautés en eau.

Le PRISMA est bien accueilli par ses parties prenantes principales, à savoir les autorités locales, les prestataires de soins et la population. Par sa vision globale de la santé, il a su adapter son intervention au contexte local, au bénéfice de la santé infantile en Haïti.

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Crédit photo: Émilie Drolet