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HAÏTI : Les petites victoires du PRISMA racontées par la directrice du projet

Parmi les grands défis auxquels fait face l’équipe du projet PRISMA, de petites victoires entraînent avec elles l’espoir de conditions meilleures pour les mères et les enfants de l’Artibonite. Plongez dans l’aventure du PRISMA, grâce à ce billet rédigé par Martine Bernier, directrice du projet.

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Le Projet PRISMA a comme caractéristique particulière d'être en appui aux institutions sanitaires publiques ou semi-publiques. Il travaille aussi avec des institutions qui sont isolées géographiquement parlant, dans des communes où le transport routier est difficile. Il ne travaille pas non plus dans les communes les plus populeuses. Les défis pour amener une femme enceinte à accoucher au centre de santé, alors qu’elle vit dans une montagne reculée, sont donc nombreux.

De fait, le projet représente toute une aventure, car malgré le renforcement de l'offre et de la qualité des services, malgré la formation des prestataires existants et l'embauche de nouveaux pour compléter les services et les offrir 24 heures par jour et 7 jours par semaine, malgré la disponibilité d'ambulances dans chaque commune pour permettre aux femmes en situation difficile de venir accoucher au centre de santé, et malgré l'instauration d'un coût forfaitaire dans deux institutions ainsi que la mise en place d'un réseau d'agents de santé communautaires polyvalents, le nombre d'accouchements institutionnels n'augmentait pas vraiment. Les statistiques sur le nombre d'accouchements, deux ans après le début réel des activités, étaient encore en dents de scie.

Lorsqu'en juin dernier, on nous a appris que 22 femmes étaient venues accoucher au Centre de santé d'Anse Rouge le mois d’avant alors que quelques mois plus tôt il y avait à peine 2 accouchements par mois, nous avons compris que nous étions dans la bonne direction. Et tout dernièrement, nous avons introduit une stratégie de distribution de «kits » aux femmes qui accouchent dans l'institution et à Anse Rouge. Quelle joie d’apprendre que pendant deux jours consécutifs, quatre femmes sont venues accoucher chaque jour au centre de santé!

Ce sont de petites victoires, me direz-vous. Bien petites comparativement au nombre de femmes enceintes prévues qui se situe théoriquement autour de 130 pour un mois donné. À peine 16% de ces femmes. Mais dans le contexte d'une telle commune, nous sommes encouragés par cette progression étant donné que les barrières à surmonter sont nombreuses.

Comment vous décrire Anse Rouge sinon comme un paysage de pierres, de cactus, de montagnes et de mer, un paysage aride où les mines artisanales de sel côtoient les bayahondes et les cahutes délabrées des paysans?  Les routes sont en terre et certaines s'enfoncent dans les montagnes. Généralement une femme enceinte qui débute ses contractions peut difficilement parcourir sur une moto les kilomètres qui la séparent du centre de santé. À une ou deux heures de distance du centre, on ne peut pas espérer qu'elle viendra accoucher en institution.

Notre expérience nous démontre que ni l'amélioration seule de l'offre de services, ni l'offre de coûts réduits, ne permettent d'augmenter le nombre d'accouchements institutionnels. Si ces stratégies sont essentielles, elles doivent être combinées à d’autres qui permettent de construire la réputation et la perception de proximité du centre comme le travail acharné de rapprochement avec la communauté (stratégie des agents de santé notamment et les rencontres avec les matrones ou accoucheuses traditionnelles). Les prochains mois nous diront également si la distribution des kits aux femmes qui viennent accoucher a eu un rôle majeur à jouer.

PRISMA est définitivement une belle aventure, une aventure qui se poursuit!

Martine Bernier, Directrice du PRISMA
Le 26 septembre 2014

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POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE SUR LE PRISMA, VISITEZ NOTRE SECTION PROJETS OU ACCÉDEZ À L’ALBUM PHOTO DE CETTE INITIATIVE RÉALISÉE AVEC L'APPUI FINANCIER DU GOUVERNEMENT DU CANADA ACCORDÉ PAR L'ENTREMISE D'AFFAIRES ÉTRANGÈRES, COMMERCE ET DÉVELOPPEMENT (MAECD).

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Crédit photo : Émilie Drolet