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Journée internationale des femmes et des filles en sciences

Pour souligner la Journée internationale des femmes et des filles en sciences, cinq femmes maliennes nous parlent de leur passion pour la médecine familiale/ médecine communautaire. Leur plus grande motivation? Faire partie de la solution.

Les cinq profils que nous vous présentons sont des femmes médecins formées en médecine de famille et médecine communautaire (MF/MC) grâce au projet DECLIC (lire la description à la fin).

Dre Kani Tounkara est originaire de la région de Kayes, une grande ville à 495 km au nord-ouest de Bamako, sur les rives du fleuve Sénégal au Mali. Depuis toute petite, elle entretient le rêve d’être médecin. Aujourd'hui, elle dirige un Centre de Santé Communautaire (CSCom) en zone rurale.

Là où tout a commencé

En 2015, une amie l’informe d’un nouveau diplôme en médecine de famille et médecine communautaire (MF/MC) soutenu par le projet DECLIC. Elle s’inscrit rapidement car elle avait apprécié l’approche en santé privilégiée par le projet DECLIC lors de sa thèse au CSCom de Banconi.

« À partir de la 2ème année de ma spécialisation, la formation m’a donné une certaine assurance et une confiance en moi car j’ai pu maîtriser certaines habilités cliniques telles que l’obstétrique, la pédiatrie, la gestion du personnel, la gestion communautaire de la santé et la maîtrise des techniques de communication de masse. »

Avec ses nouvelles compétences et une confiance grandissante, Dre Koutara propulsera le Centre de Santé Communautaire qu’elle dirige.

« Sous ma direction, le CSCom a reçu en 2017, une lettre de félicitations du Ministre de la santé pour la bonne application des mesures d’hygiène et la propreté des locaux, l’engagement du personnel, la disponibilité des médicaments et la franche collaboration entre les acteurs de la santé. En 2018, le CSCom a été lauréat du concours « Centre Propre ». Ce prix a permis la réhabilitation complète du CSCom. »

Le leadership de Dre Koutara ne passe pas inaperçu. En 2019, elle remporte une bourse de formation en Système d’Information Sanitaire (SIS) de Routine pour son engagement et son investissement personnel dans le système de santé de première ligne.

Dre Koutara en convient, le métier de médecin de famille/médecin communautaire demande beaucoup d’investissement de soi et de sacrifice : « Le plus important est ce qu’on fait pour les autres et ma principale appréciation aujourd’hui repose sur les énormes progrès réalisés dans les principaux indicateurs de santé et mon ancrage communautaire. J’ai un sentiment de satisfaction en rendant service à ma population. » 


Dre Maïmouna Traoré est médecin spécialiste en médecine de famille/médecine communautaire. Elle est présentement la directrice technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Sanoubougou I du district de Sikasso, deuxième ville malienne pour sa population, près de la frontière du Burkina Faso.

« J’ai toujours aimé la médecine. J’ai été encouragée par ma maman et ma tante qui étaient enseignantes. » Elle est également très reconnaissante envers son mari qui l’a accompagné durant ses quatre années d'étude du Diplôme d’études supérieures (DES) en médecine familiale/médecine communautaire (MF/MC).

« Le DES en MF/MC m'a permis d'être à la hauteur dans l'exercice de ma profession. Aujourd'hui j'arrive à travailler en tant que femme MF/MC en première ligne grâce aux enseignements de qualité que j'ai acquis auprès de mes professeurs du DES en MF/MC et chargés d’encadrement clinique. »

Pour la Dre Traoré, le style de communication plus participatif et le comportement chaleureux qu’elle a appris ont un véritable impact dans la prise charge des patient·e·s et dans l'approche communautaire.

« Je suis fière d'être médecin car c'est un métier noble, qui sauve des vies. »


Dre Rakki M'Baye est originaire de Mopti, la cinquième région du Mali. Elle est présentement Directrice Technique du Centre de santé communautaire (CSCom) de Doumanzana, du district de Bamako.

C’est la passion pour les longues études, la science et un intérêt particulier pour la médecine qui l'ont motivée à devenir médecin de famille/médecin communautaire (MF/MC).

« En tant que médecin exerçant dans un CSCom, le DES en MF/MC m'a permis d'être une vraie spécialiste de MF/MC. Cette formation a renforcé mes capacités et connaissance en santé communautaire, en habilité clinique, en gestion communautaire et en communication. »

Ce qu’elle apprécie le plus en tant femme médecin, c’est le contact avec les patients, l'identification de leurs besoins et la compréhension de leurs préoccupations.

« Ma fierté est d’être une femme utile à la communauté. D’être très proche de la population. Une femme qui comprend mieux les problèmes et préoccupation de ses sœurs. »


Dre Fanta Tembely est originaire du pays Dogon, au cœur du Mali et près de la frontière burkinabé. Une région mythique avec ses villages accrochés aux falaises, et où malheureusement règne une grande insécurité.

Dre Tembely est médecin spécialiste en médecine de famille/médecine communautaire (MF/MC). Elle est aujourd’hui l’adjointe au directeur technique du CSCom de Sikoro en CII du district sanitaire de Bamako.

Elle est très reconnaissante envers le projet DECLIC pour l’avoir appuyée durant toute la formation : au moment de l’inscription, avec une bourse des stages ruraux et urbain et dans la préparation du mémoire de la fin d’études.

« J’ai bénéficié beaucoup de formation, surtout pendant les stages ruraux la réalité de la santé publique et approche communautaire. »

Ce qu’elle apprécie le plus dans son métier, c’est l’approche communautaire et le bien-être de la population. Elle apprécie particulièrement l’encadrement des jeunes médecins au niveau de la structure de santé communautaire pour faire leurs recherches, « car nous sommes en contact direct avec la population et les premiers à découvrir les problèmes enfin de prévenir les complications. »

Sa plus grande fierté ? « Sauver la vie de la mère et son enfant en améliorant la santé maternelle et infantile. »


Dre Fatoumata Sissouma est originaire de Bamako. Elle a toujours été passionnée par le métier de médecin et aime prendre soin des patient·e·s et de leur entourage. Chaque guérison ou patient satisfait est une grande source de motivation pour elle.

« Le projet DECLIC nous a apporté un appui technique et financier. (…) DECLIC m’a permis d’accéder au DES de médecine de famille et de médecine communautaire qui était pour moi un rêve. J’ai toujours évolué dans un centre de santé communautaire (CSCom) et l’amélioration de la qualité des soins au niveau communautaire a toujours été ma priorité. DECLIC m’a permis de réaliser ce rêve. »

Dre Sissouma est très reconnaissante envers ses enseignant·e·s, qui lui ont donné les outils nécessaires pour son exercer son métier.

« Les responsables du DES en MF/MC n’ont ménagé aucun effort pour nous avoir trouver des professeurs de qualité exceptionnelle pour un meilleur enseignement des modules proposés. En effet, nous avons été très bien formés théoriquement et en habilité clinique via les stages ruraux et rurbaines. »

Finalement, elle reconnaît l’importance et la complémentarité des approches individuelles et populationnelles de la médecine communautaire.

« En tant que médecin de premier recours, menant une activité sentinelle, nous devons toujours penser individu et communauté. L’approche communautaire de ce métier, être plus proche de ma population, me semble un facteur de taille pour une meilleure connaissance et de prise en charge des patients dans leur environnement. »

« C’est une immense joie pour moi d’être dans ce processus de changement de la qualité des soins fournis en première ligne. »


LE PROJET DECLIC

Financé par Affaire Mondiales Canada et réalisé en partenariat avec l'Université de Sherbrooke et le Cégep de Saint-Jérôme, ce projet de huit ans (2010 -2018) avait comme objectif de contribuer à rendre disponibles, en quantité et en qualité, les ressources humaines de première ligne en santé, afin que la population du Mali, particulièrement les femmes et les enfants, puisse bénéficier de soins de santé de meilleure qualité et adaptés à ses besoins. Dans cette optique, DECLIC mise sur la formation des médecins et des paramédicaux attitrés aux services et aux soins de santé de première ligne dans les Centres de santé communautaire (CSCom) du pays. En savoir plus