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Une vingtaine de dirigeants mondiaux lancent un appel en faveur d'un traité sur les pandémies

Afin de construire une architecture de santé mondiale plus robuste qui protégera les générations futures, la communauté internationale devrait élaborer « un nouveau traité international sur la préparation et la riposte » aux pandémies, ont déclaré une vingtaine de dirigeants mondiaux à la fin mars.

« La pandémie de Covid-19 représente le plus grand défi auquel la communauté mondiale est confrontée depuis les années 1940. A cette époque, les dirigeants politiques ont pris la mesure des ravages provoqués par les deux guerres mondiales et se sont retrouvés pour former le système multilatéral », écrivent ces dirigeants, dont le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. »

Cette déclaration arrive peu après le rapport des Nations Unies qui alertait que les conséquences de cette pandémie planétaire feraient reculer de nombreux pays d’une décennie en termes de conditions de vie et de santé. Sans surprise, les femmes ainsi que les groupes vulnérables et marginalisés sont les premiers à en payer le prix.

Des signaux d’alerte sur l’augmentation de la violence basée sur le genre ont déjà été lancés dans de nombreux pays, idem pour la discrimination raciale et les crimes haineux. La fermeture des écoles pour éviter la propagation du virus a eu plusieurs effets pervers : d’abord la charge supplémentaire placée sur les femmes, mais également le risque accru de violence sexuelle, de grossesse et de mariage précoce pour les filles qui ne vont plus à l’école - une tendance largement observée pendant l’épidémie du virus Ebola de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest. Les données récentes de l'UNFPA révèlent que près de 12 millions de femmes ont perdu l'accès à la contraception en raison des perturbations causées par la pandémie, ce qui a entraîné 1,4 million de grossesses non désirées.

Si les conséquences des pandémies sont différentes d’un pays à l’autre, il est clair que nous avons besoin des uns et des autres pour y faire face. Le principal objectif de ce nouveau traité international serait donc de favoriser « une approche globale et multisectorielle pour renforcer les capacités nationales, régionales et mondiales et la résilience aux futures pandémies. »

Cet appel est une invitation : toutes et tous, au niveau global, national, local ou individuel, pouvons faire notre part pour prévenir les pandémies. Un véritable engagement international axé sur la collaboration, l’équité, la responsabilisation en sont les clés.