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Genre et développement (GED) 

Message de Peter Piot à l’occasion de la Journée internationale des femmes, 2003

Le 8 mars 2003 

Le rôle des femmes est essentiel au développement. Lorsqu’elles ont l’occasion de le remplir, les bénéfices sont immédiatement apparents : les familles sont en meilleure santé et mieux nourries; les économies et les revenus augmentent; un environnement favorable est créé. Enlevez-leur la faculté de tenir ces rôles et des sociétés entières se désagrègent. 

Pourtant, à la fin de l’année 2001, et cela pour la première fois, les femmes ont compté pour 50 % du nombre total de personnes vivant avec le VIH/SIDA. En Afrique subsaharienne, ce taux s’est même élevé à 58 %. 

En fait, nous pouvons comprendre sans difficulté la vulnérabilité des femmes face au VIH; vulnérabilités fondées sur des facteurs biologiques et culturels, ainsi que sur leur statut économique et social. Ainsi, nous savons que les femmes doivent affronter la violence familiale et que celle-ci peut devenir exacerbée par des conflits et des insécurités; que les jeunes filles sont les premières à être retirées de l’école et mise à contribution lorsque le sida touche la famille; et que les femmes ont, ni le pouvoir décisionnel, ni l’indépendance financière nécessaire pour négocier leur sécurité sexuelle. Nous savons également que les femmes portent tout le fardeau de la stigmatisation et de la discrimination associées au VIH, alimentant leur peur du dépistage et les empêchant de demander de l’aide lorsqu’elles sont infectées. Enfin, nous savons que les inégalités entre les sexes et l’impuissance des femmes à contester ces inégalités, sont au cœur de leur vulnérabilité. Nous avons donc un cadre d’action nous permettant de rétablir l’équilibre. En outre, la démarche et l’échéancier à suivre sont clairement indiqués dans la Déclaration d’engagement sur le VIH/SIDA. 

Mais nous en savons bien plus : nous savons ce qui fonctionne. L’émancipation de la femme, ça fonctionne. Le déploiement de services de santé génésiques, la formation de pairs éducateurs et le micro-crédit, ça fonctionne. Et lorsque les femmes participent à la prise de décision et à la gestion des services de santé, les interventions en matière de VIH/SIDA fonctionnent. Enfin, lorsqu’on permet aux jeunes filles de demeurer à l’école et s’instruire, celles-ci sont plus susceptibles de se protéger du VIH. 

Il est vrai que les femmes sont vulnérables, mais il convient toutefois de faire une distinction entre vulnérabilité et faiblesse. Les femmes ont su prouver leur courage et leur ingéniosité devant l’épidémie. Malgré les risques, elles ont employé des rapports sexuels protégés; elles ont fait voter des réformes légales protégeant leurs droits; elles ont procuré des soins continus, à la fois à la maison et dans le cadre de services de santé. Où que nous allions, nous voyons l’espoir que génèrent leurs actions. 

Nous avons trop attendu. Cette journée nous rappelle que le visage du sida est celui d’une femme. Mettons nos connaissances en pratique. Que cette Journée internationale de la femme marque la fin d’une trop longue attente.  

Source : communiqué de presse de l’ONUSIDA