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Programme
d'appui à la lutte contre le sida
en Afrique francophone/Sida 1
(1991-1995)

Le
Programme d'appui à la lutte contre le sida en Afrique francophone/Sida
1 constitue la première participation concrète d'envergure
du Canada à la lutte contre cette épidémie en Afrique. En
1990, cette situation n'était connue que depuis cinq ans
environ. La phase « sérologique », celle où les pires manifestations
de la maladie sont encore peu visibles, avait alors préséance.
En effet, à cette époque-là, les paramètres liés à la connaissance
de l'épidémie étaient à peine découverts et les expériences
d'intervention antérieures sur des épidémies classiques
se sont vite révélées non pertinentes. Un ensemble d'actions
internationales, sous la direction du Global Program on
AIDS (GPA),
de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), a alors été
mis en avant. Le programme canadien s'est orienté lui aussi
vers un appui aux programmes nationaux de lutte contre le
sida (PNLS), et ce, au sein de treize pays africains francophones
(Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d'Ivoire,
Guinée, Mali, Niger, République Centrafricaine, Rwanda,
Sénégal et Zaïre) dans le cadre de quinze projets d'une
durée moyenne de deux ans.
L'objectif
de ce programme était de limiter la propagation du sida
dans les pays d'Afrique francophone et d'en minimiser les
conséquences socioéconomiques négatives. Les principaux
objectifs se résumaient ainsi :
-
mettre en œuvre des activités d'information, d'éducation
et de communication concernant la maladie;
-
promouvoir des attitudes préventives;
-
renforcer les capacités de gestion des programmes nationaux
de lutte contre le sida;
-
mieux connaître les facteurs influant sur les effets du
sida ou les aggravant.
Avec
le souci de répondre aux priorités exprimées par les pays,
les quinze projets se sont avérés très différents quant
aux objectifs et aux résultats attendus. Les principales
actions réalisées concernaient :
-
le renforcement de programmes éducatifs et communautaires
en matière d'information, d'éducation et de communication
auprès de groupes cibles présélectionnés (le plus souvent
par l'entremise de l'approche basée sur les microprojets);
-
l'installation d'unités fonctionnelles de prévention,
de dépistage et de traitement des IST (incluant la production
de bâtonnets réactifs pour le dépistage du VIH);
-
l'appui à la mise en place de systèmes de surveillance
épidémiologique à tous les niveaux de la pyramide sanitaire;
-
le renforcement des capacités d'intervention d'organisations
non gouvernementales (ONG) locales;
-
la consolidation et le développement institutionnel de
centres de documentation technique sur le sida.
Ce
premier programme a permis de mieux connaître l'épidémie
et son contexte d'évolution. Il a fourni l'occasion de vérifier,
sur le terrain, les conditions de faisabilité et de durabilité
de ce type d'intervention complexe et multidisciplinaire.
Alors que se dessinait plus clairement l'éventail des causes
de l'épidémie et de sa progression, le programme a permis
de définir quelles pourraient être les limites d'une intervention
potentiellement efficace.
Pour
l'ensemble des actions, un partenariat institutionnel canadien
a été formé avec, notamment, des ONG, des structures universitaires
québécoises, des établissements de recherche et des organisations
privées. Quoique cette situation ait provoqué certains ralentissements
dans le processus d'encadrement des actions, plusieurs des
partenaires n'en ont pas moins vécu une expérience propice
à renforcer leurs capacités d'intervention.
Enfin,
les compétences et les connaissances acquises en vertu de
ce programme ont permis au CCISD de définir les axes stratégiques
d'intervention de la deuxième phase du projet (Sida 2, 1996-2001)
et d'orienter les actions vers le contrôle syndromique des
IST parmi les groupes à risques, le tout dans une perspective
de durabilité et de prise en charge communautaire, au moyen
de structures de santé utilisées par ces groupes.

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